Enfants Placés, enfants Sacrifiés, ça Suffit!

Livre de Jeanne Landry (Michalon)

Enfants placés enfants sacrifiés

Une maman divorcée hospitalisée pour dépression sévère, et deux enfants de 5 et 12 ans se retrouvent placés alors que leur mamie était prête à les accueillir. Cette grand-mère courage a dû mener un long combat, inégal, face aux services de la protection de l’enfance.

« Ce matin du début du mois de décembre 2015, se souvient Jeanne, la voix tremblante d’émotion, on m’a arraché mes petits-enfants des bras. Je suis restée là, plantée sur le trottoir, sous le choc d’avoir vu ma petite-fille en pleurs, emportée loin de sa famille. » Jeanne, grand-mère dynamique de 58 ans, ignore encore qu’elle va devoir batailler plus d’un an pour sortir ses petits-enfants des foyers où les services sociaux les ont placés. Ni maltraitance ni abus, pourtant, dans cette histoire familiale.

Une maman divorcée, engluée dans une profonde dépression, enchaîne les hospitalisations. Cette détresse la place dans le collimateur des services sociaux. « Je ne remets pas en cause les difficultés traversées par ma fille. Une hospitalisation longue était indispensable pour qu’elle guérisse, assure Jeanne, infirmière scolaire. Mais pourquoi fragiliser encore plus ses enfants et les placer dans un foyer, alors que je pouvais les héberger dans de bonnes conditions ? » Une décision incompréhensible et inhumaine pour la mamie. Sur décision du juge, Mathieu, 5 ans, et Lilou, 12 ans, sont placés par l’Aide sociale à l’enfance. La fratrie est séparée, chaque enfant va dans un foyer différent.

« Les foyers sont pire que la prison »

Jeanne découvre l’envers du décor : « Du jour au lendemain, mes petits-enfants sont devenus les enfants de la Ddass, qui décide de tout : les soins, l’école, les coups de fil, les visites. On a l’impression de ne plus être leur famille. »  Lilou résiste en se rebellant et fugue dès que possible pour rentrer chez elle. Mathieu se laisse dépérir, refuse de s’alimenter. Quelques semaines après leur placement, Jeanne est autorisée à accueillir ses petits-enfants pour Noël.

L’état de santé de Mathieu oblige Jeanne à le faire hospitaliser le soir du Réveillon. Dans la tourmente, la grand-mère découvre la solitude. « Le vide se fait vite autour de soi. Aux yeux de tous, vous êtes coupable. Le mot « placement » fait peur. Pour l’Education nationale, les médecins et les proches, il est synonyme de maltraitance. Il n’y a plus personne ! » Jeanne ne peut plus compter que sur le soutien d’une poignée d’amis. « «Vos petits-enfants sont placés», me répondait-on. Comme si la messe était dite ! Les autres étaient à la bonne place et, moi, à la mauvaise. Mais je n’avais rien à me reprocher, je n’étais pas défaillante. Alors je n’ai pas lâché. »

« Pliez-vous à l’omerta ou vous le paierez cher »

Indignée, la grand-mère signale les dysfonctionnements, refuse de se taire. Son attitude bravache ne plaît pas. « Si vous ne vous soumettez pas, les éducateurs vont faire des rapports à la juge et le placement sera d’autant plus long. Pour résumer, pliez-vous à l’omerta ou vous le paierez cher. » Le placement de Lilou et Mathieu durera un an et quinze jours. Jeanne relate cette année de souffrance inutile dans un livre (Enfants placés, enfants sacrifiés, ça suffit ! , éd. Michalon), sous pseudo pour protéger sa famille.

Elle y énumère et y dénonce les conditions d’accueil des enfants placés « pour leur bien ». « Les foyers sont pires que la prison, assure la grand-mère. Au moins, les prisonniers ont des droits, les avocats rendent visite à leurs clients. Là, les enfants sont privés de leurs droits. Même les avocats n’y vont pas. » « Au nom du principe de non-attachement, il n’y a aucune affection, on n’essuie pas leurs larmes. Le suivi scolaire est catastrophique.Comment grandir dans une telle sécheresse affective ?« , s’indigne Jeanne qui, aujourd’hui comme hier, n’est pas prête à se taire.

http://www.michalon.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=500607

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