14 ans que l’on parle des jeunes SDF issu de l’ASE ! Pourquoi rien ne change ?

Lorsque l’Aide sociale à l’enfance perd ses jeunes placés

Que deviennent ils ? Quel repère ont ils ? retourne t ils vers leur parents ? Qui les aides à se reconstruire détruit par des années de placement ?

enfant seul

L’aide sociale à l’enfance (ASE) peine à réinsérer ses jeunes adultes. Un constat et un chiffre, En 2000, près d’un tiers des jeunes errants en étaient issus. Quatorze ans après, rien ne semble avoir changé, voir pire, les jeunes de 18 ou de 21 ans sont lâchés par l’ASE, selon leur bon vouloir ou leur comportement… avec ou sans rien. L’institution confrontée à des situations souvent difficiles (jeunes en rupture familiale totale…) offre-t-elle des solutions pertinentes et adaptées ? NON !

« {L’Aide sociale à l’enfance a mauvaise réputation} ». Cette constatation, c’est Michèle Creoff, directrice de l’enfance au conseil Général du Val de Marne, qui l’établit, c’est au aussi ce qu’elle faisait remarqué et tentait de défendre l’ASE dans le magazine Nexus en Octobre 2014. Evidemment, Evidemmentelle le regrette, notamment parce qu’elle estime que les jeunes, pour cette raison sont placés « {trop tardivement} ». Et alors ? Et alors, « {plus l’enfant arrive tard, moins les bases sont stables, plus il est difficile de les récupérer. Un enfant qui a vécu 14 ans avec une mère schizophrène avant d’arriver à l’ASE, c’est un problème} ». Mme Creoff dit savoir de quoi elle parle, cela fait vingt cinq ans qu’elle travaille dans le milieu. Mais un enfants que l’on enlève à la naissance et qui et se retrouve dans la même situation c’est tout même pas de la faute de ses parents, parents qu’il n’a pour ainsi dire jamais connu et dont l’ASE à tout fait pour rompre le lien parents – enfant.

En 2000, l’Institut national des études démographiques (INED) relevait ce chiffre éloquent : plus d’un tiers des jeunes errants sont passés par l’ASE. 27% d’homme et 39 % de femme été confié à l’Assistance publique. Des jeunes en situation précaire qui se plaignent fréquemment d’avoir subi des mauvais traitements dans le passé et ils ont souvent été placés en institution ou en famille d’accueil. Aujourd’hui la situation générale n’a semble t-il pas évolué. Pour nous , l’élément de réponse apportée par la directrice de l’enfance pour expliquer la difficulté de l’ASE à intégrer ses jeunes dans la vie active, et dans la vie tout court, n’est pas suffisant. C’est le cas de Sylvie Decker, chef de service d’un centre éducatif à caractère social pendant plus de 20 ans. Selon elle, ce chiffre traduit avant tout « {l’échec de l’institution à réinsérer ses jeunes adultes} ». A cela, elle oppose deux raisons principales : « {une formation inadaptée des éducateurs chargés de s’occuper des jeunes et un programme de réinsertion qui ne colle pas toujours avec les attentes de ceux qui ont été placés} ». Pour nous il y a aussi le fait que l’institution se protège avant de protéger véritablement l’enfant, ce qui amène à des situations de placement d’enfants qui ne devraient pas avoir lieu, en détruisant des milliers enfants inutilement, (50% selon l’IGAS).

40% des jeunes SDF dans Le placement

40% des jeunes SDF ont ete placés

Mme Creoff confirme que l’argent investi n’a cessé d’augmenter ces dernières années. « J’ai fait beaucoup d’efforts (…) Pourquoi ? Pour rien. »Des causes profondes que semble relayer Sabrina, 18 ans, mise à la porte pour ne pas s’être entendue avec son éducateur. « {J’ai demandé plusieurs fois à changer d’éducatrice mais je n’ai jamais été entendue. On m’a demandé de faire des efforts, j’en ai fait… beaucoup. J’ai fait beaucoup de démarches aussi. Pourquoi ? Pour rien. Ils n’ont pas voulu reconduire mon contrat jeune majeur} », déplore la jeune fille. Le contrat jeune majeur est défini par l’article L.221-1 et permet « {d’apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique (…) aux majeurs âgés de moins de 21 ans confrontés à des difficultés sociales susceptibles de compromettre gravement leur équilibre} » ou « {qui éprouvent des difficultés d’insertion sociale, faute de ressources ou d’un soutien familial suffisant} ». Voilà pour le projet. Dans les faits, c’est autre chose et obtenir un contrat ne va pas de soi, Sabrina le prouve. La jeune majeure, justement, enfonce le clou : « {j’ai des copines pour qui c’est pareil. Aujourd’hui ils m’ont vraiment mis dans une galère… une galère qu’ils n’imaginent même pas} ». Elle ne serait donc pas un cas isolé. Sylvie Decker confirme : « {j’en ai vu plusieurs dans la situation de Sabrina, mais là, c’est encore plus difficile parce que la rupture avec la famille est totale.} »Lorsqu’on interroge Michèle Creoff sur le sujet, elle insiste sur le fait que tout est toujours mis en oeuvre pour aider les jeunes. Mais que certains refusent les mains qui leur sont tendues, et mettent en échec toutes les propositions. Il suffit pourtant de passer un peu de temps avec Sabrina pour s’apercevoir que l’on n’a pas affaire à une terreur. L’ASE souffre assurément d’une mauvaise réputation, oui mais pour nous elle est vraiment fondée,  ainsi le placement de certains enfants qui mériteraient de l’être, ne le sont pas et ceux qui n’on rien à faire dans un placement le sont inutilement. Les questions de la formation des éducateurs, des programmes de réinsertion et des conditions d’accessions au contrat jeunes majeurs se posent réellement. A cela, Michèle Creoff ajoute un autre problème. Ainsi, lorsque elle explique le chiffre de l’INED, la directrice regrette qu’il n’y ait pas de politique publique visant à aider les jeunes entre 21 ans, âge jusqu’au quel l’ASE en a théoriquement la charge, et 25 ans, âge à partir duquel quiconque peut prétendre au RSA. Une complication, une autre.

Mais il n’est pas le seul problème et celui la bien plus grave, d’ordre psychologique.

Cela concerne les 75000 enfants qui n’auraient pas du être placés et qui à leur sortie du système ASE, se retrouve sans aide ni appuis psychologique, coupé du lien avec ses parents, avec un grand manque de repère affectif, bousillé par de longue années de placement, et sans réponse à ses questions. COMMENT VONT ILS SE CONSTRUIRE ?

A savoir aussi:

Les sans-domicile fixes étaient 141 500 en France 2012. Soit une augmentation de 50% par rapport à 2001.  Ce qui représente 14776 jeunes dans la rue issu du placement.

part des SDF en France

source

http://ddata.over-blog.com/5/77/89/71/Presse/Insee_Lien-entre-enfance-placee-et-SDF.pdf

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A propos alautis

vice président Association
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3 commentaires pour 14 ans que l’on parle des jeunes SDF issu de l’ASE ! Pourquoi rien ne change ?

  1. Ping : Ciotti président du CG06 lance une méthode afin détourner les jeunes du djihad | SOS Parents Abusés France

  2. Ping : Rapport annuel de l’ONED au Gouvernement et au Parlement Mai 2015 | SOS Parents Abusés France

  3. kano georgette dit :

    rien ne change parce que chaque gouvernement qui arrive ne parle que du chômage et de l’immigration. chacun essaie de résoudre le problème à sa manière, au lieu d’aller à la racine de la réflexion sur la Famille.

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