Enfin un esprit critique au sein de la protection de l’enfance !

Dans cet article nous allons pouvoir constater que le travailleur social confirme, comme nous l’avons toujours dit, sortir son parapluie pour se protéger au mépris d’aider véritablement les familles et surtout ne pas faire porter le moindre risque à l’institution, même si l’enfant n’a pas véritablement besoin d’une protection institutionnel alors qu’il serai beaucoup mieux chez ses parents.

Ou est le l’intérêt supérieur de l’enfant dans tout ça ??

ECRIRE POUR ET SUR LE TRAVAIL SOCIAL

Article de Didier Dubasque 

protection de l’enfance : ces informations préoccupantes qui nous préoccupent tant… ou la « logique du parapluie »

 

paraluie

C’est entendu, dès lors que l’on parle de protection de l’enfance, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut agir vite pour protéger les enfants d’un risque ou d’une maltraitance avérée. Ceci dit,  qui peut nous dire aujourd’hui si le risque est suffisamment important pour que l’enfant soit séparé de sa famille ? Nous savons aujourd’hui que la séparation de l’enfant de ses parents qu’ils soient ou non maltraitants peut provoquer encore plus de dégâts que s’il était resté à sein de sa famille.

 

La loi de 2007 vise à mieux prendre en compte la protection des mineurs en danger ou en risque. Ok . Il s’agit de « renforcer la prévention, en essayant de détecter le plus précocement possible les situations à risques par des bilans réguliers « aux moments essentiels de développement de l’enfant »(1)… Que veut dire détecter ? sommes nous entrés dans le domaine de la suspicion ? Alors que les effort des travailleurs sociaux est de construire une relation de confiance avec les personnes, pour ensuite s’appuyer sur leurs compétences pour qu’elles évoluent, nous partons dans une direction inverse : repérer les failles et dysfonctionnement et détecter ce qui pose problème et signaler si les risques nous paraissent trop importants. Nous contribuons ainsi à disqualifier des parents au nom du risque.

Et il est vrai que je suis distrait. Lorsque je traverse la rue sans regarder à gauche ou à droite,  je prends un risque considérable, celui de me  faire renverser par une voiture. C’est très préoccupant et mon voisin s’en inquiète…  Faut il alors que l’on m’oblige à ne plus traverser la rue ou faut il que je sois convaincu que ma distraction est un vrai problème qui me met en danger ? Bref, suis je assez mature pour traverser la rue puisque je risque d’être renversé et que cela préoccupe mon entourage ?

Si la réponse est assez simple en matière de sécurité des piétons, elle l’est beaucoup moins dans le domaine de la protection de l’enfance.

Cette protection, dans les Conseils généraux, a pris une place considérable dans le champs de l’intervention sociale sans que nous ayons plus d’assurance que les enfants soient mieux protégés que par le passé. Il faut aussi nous interroger sur ce que nous faisons vivre aux familles « détectées ».  Au nom de la gestion du risque de nombreux parents se voient interroger sur leurs capacités ou leurs attitudes devant les enfants. Ce mode d’intervention peut aussi contribuer à disqualifier dans la durée  le parent alors qu’au final aucune mesure de protection ni de prévention n’est ensuite engagée.  Car souvent,  les inquiétudes ne sont pas justifiée (1 situation sur 3 environ). Il reste vraiment nécessaire de mieux travailler la méthodologie de ces interventions spécifiques auprès des familles afin que ce problème soit pris en compte.

Vous le savez sans doute la gestion du risque passe par la production d’informations . Information dite « préoccupante ». En fait nous sommes dans une société où tout le monde semble préoccupé. L’enseignant avec le gamin dans sa classe, le parent qui pense que son conjoint ne s’occupe pas bien de son enfant, la famille qui se dit que vraiment il faudrait faire quelque chose,  le Conseil Général, qui n’a surtout pas envie de se retrouver au cœur d’une tourmente médiatique si un enfant s’avère être maltraité…. il est fort possible que j’en oublie

L’information préoccupante est également détournée de sa fonction première par les familles mais aussi les institutions 

Ainsi lors des séparations de couples et que des désaccords demeurent sur la garde des enfants, les parents font normalement appel au  juge des affaires familiales. Mais voilà, lorsque la décision du juge ne convient pas à l’un des parents Celui-ci a compris qu’en alertant la cellule de recueil des informations préoccupantes de son Département et en arguant d’un risque lié au comportement de son ex conjoint ayant la garde ou lors des visites, il a là une possibilité d’espérer obtenir gain de cause. Nous voyons régulièrement des dénonciations d’un parent sur l’autre qui sont en fait la résultante de conflits de couple où l’enfant devient un enjeu. Il est alors retenu que l’enfant est en risque car il est  témoin des désaccords (parfois violents) des parents susceptibles de  le traumatiser : cela concerne un sacré nombre d’enfants

La dessus s’ajoute  la recherche du risque zéro : c’est alors surtout la « logique du parapluie » qui  prédomine. Ainsi des faits peu révélateurs peuvent être considérés comme préoccupants.  La crainte de conséquences néfastes d’une absence d’information aux cellules départementales à permis à tout un chacun d’interpeller le dispositif sur des motifs plus ou moins pertinents. Les cellules ne souhaitant pas elles, non plus, faire porter le moindre risque à l’institution transmettent aussitôt aux services sociaux de territoire les informations pour qu’une enquête sociale soit diligentée dans les meilleurs délais.

Alors que par le passé les services sociaux de terrains se coordonnaient  en amont des dispositifs, nous voyons désormais régulièrement des demandes d’informations préoccupantes engagées par tout intervenant  sans qu’il ait au préalable vérifié si un accompagnement était engagé. Chacun joue sa partition sans forcément s’articuler  en amont. Ces éléments décrits sont des tendances. Ils ne veulent pas dire que toutes les situations sont abordées de la sorte mais  nous constatons que ces pratiques se développent.  il y a lieu de s’interroger sur cette multiplication d’informations préoccupantes multipliées par 3 ou 4 en quelques années. Et s nous revenions à quelque chose de plus raisonnable ? C’est à dire qu’au lieu de signaler, nous parlions directement aux personnes concernées pour essayer de comprendre ce qui se passe et tenter de les aider ? A ben non je n’ai pas le temps, j’ai encore 3 informations préoccupantes à gérer !

http://dubasque.org/2014/03/26/protection-de-lenfance-je-risque-detre-preoccupe-par-cette-information-preoccupante-ou-la-logique-du-parapluie/#more-740

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